Miaulements Literaires: Les Chats Dans la Poesie Française

Le chat est un animal avec multiples significations culturelles à travers l’histoire du monde. Symbole religieux dans l’Égypte ancien, de la chance au Japon, de la paix en Chine et de la fécondité en Inde, animal de compagnie extrêmement populaire, le chat a aussi trouve sa place dans l’histoire de la culture et de la littérature. Le chat du Cheshire, Béhémoth dans Le Maitre et Marguerite, Noboru Wataya dans Chroniques de l’oiseau à ressort, le le célèbre roman d’Haruki Murakami: celles-ci sont trois exemples, mais certainement il y a beaucoup d’autres felines dans les livres de l’humanité. Les chats sont une vieille fascination de l’homme et ont été imortalisees en plusieurs hypostases.


Dans la littérature française, les chats ont trouve leur place dans l’oeuvre de Charles Baudelaire. Dans son recueil Les Fleurs du Mal, il y a quatre poèmes écrits sur ce sujet. Pour Baudelaire, les chats ont une importance particulière. La richesse d’interprétations est surprenante. Dans chacun de ces trois poèmes, l’auteur prezente une image différente de ce petit animal domestique. L’originalité de l’écrivain se manifeste dans la vision parfois étrange qui characterie la lyrique de Baudelaire. Les chats ne sont pas décrits dans une manière ordinaire, mais sont transfigurées par l’imagination du poète. Baudelaire créé une image complexe, characterisé par le contraste et par la multitude de significations. Les chats ont une qualité mystérieuse, qui génère une association avec les ténèbres, mais aussi le mysticisme, la magie.


Dans son sonnet Les Chats, Baudelaire introduit deux hypostases opposées de l’espece feline. Dans le même temps les chats sont „puisants et doux”, „orgueil de la maison” et „frileux” et „sédentaires”. Le poète affirme l’universalité de l’amour des chats, qui peut unir „les amoureux fervents et les savants austères”. Les chats, „amis de la science et de la volupté” représentent l’objet des sentiments profonds, matures („dans leur mure saison”). Ils aussi deviennent un symbole funeste: „Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres/L’Érèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres”. Le chat, par ses qualités mystérieuses a toujours ete associé à cette dimension des forces maléfiques, de la mort, de la magie noire. « Ils prennent en songeant les nobles attitudes / des grands sphinx allongés au Fonde des solitudes / qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin”: les chats sont ici présentes dans leur dimension contemplative, solitaire. Le sphinx est un symbole de l’éternité, donc l’amour des chats reste une constante dans l’histoire de l’humanité. Les petites felines ont aussi des valences magiques, mystiques, étant associées au cosmos („leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques / et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin / Ètoilent vaguement leurs prunelles mystiques”).


Dans un autre poème dans Les Fleurs du Mal, intitule Le Chat, l’auteur se concentre sur l’aspect auditif de cette espece. La voix des chats, les miaulements deviennent le sujet de ce texte et ont une vraie valeur affective. Ici cette feline est décrite comme belle, forte, douce et charmante. „Son timbre est tendre et discret”, sa voix est „toujours riche et profonde”. L’affection que le moi lyrique porte à le chat est évident. Les miaulements des chats ont le pouvoir de soulager la douleur, de remplir le vide intérieur, d’apporter de la joie. Dans ce poème, on presente une perspective différente parce que les chats deviennent une force qui lutte avec les ténèbres, qui „endort les plus cruels maux”, donc ils sont vus comme un symbole de la lumière, des forces positives. Le fonds emotionnel est cel de la joie, de la soif de vie („et contient toutes les extases / pour dire les plus longues phrases / Elle n’a plus besoin de mots / non, il n’est pas d’archet qui morde / sur mon coeur, parfait instrument, / et fasse plus royalement / Chanter sa plus vibrante corde”). La voix des chats est comparée avec la musique, une musique triomphale, qui touche l’âme profondément et le remplit de beatitude. Une autre comparaison est réalisée avec „un ange / aussi subtil qu’harmonieux”. La perspective est presque opposée à celle dans le premier poème: un fait surprenant.


Dans un autre poème dans Les Fleurs du Mal intitulé Le Chat, on voit aussi une perspective lumineuse sur ce petit animal domestique. On offre pour la première fois une description visuelle („ sa fourrure blonde et brune”) et une description olfactive („un parfum si doux”). „Pour l’avoir caressé”: l’affection est exprimée dans une manière tactile, plus évidente et plus personnelle que dans les autres deux poèmes. Le chat est vu dans une ipostaze royale: „Il juge, il préside, il inspire/ Toutes choses dans son empire / Peut-être est-il fée, est-il Dieu ?”. Ici le moi lyrique exprime son amour dans la manière la plus ouverte: „quand mes yeux, vers ce chat que j’aime / tirés comme par un aimant”. Le regard du chat a une force extraordinaire, hypnotisante et est décrit en detail: „le feu de ses prunelles pâles / clairs fanaux, vivantes opales”. Il y a un certain rapport de soumission vers la feline.


Le quatrième poème que Baudelaire a écrit sur les chats exprime l’amour par le regard, par les caresses. „Tes beaux yeux / mêlés de métal et d’Agate”, „ton corps électrique”: ici on voit une esthétique moderne dont on donne au chat des caractéristiques inédites. „Je vois ma femme en esprit”: le moi transfere au chat les qualités de la femme aimée. Le chat a toujours été un symbole de la Féminité et cette association sont révélées dans ce poème. „Son regard / comme le tien, aimable bête / Profond et froid, coupe et fend comme un dard”: l’esprit de l’époque industrielle, characterisé par le progress de la technique, mais aussi par la froideur, est emprunté à ce petit animal domestique. „Et, des pieds jusques à la tête, / un air subtil, un dangereux parfum / Nagent autour de son corps brun”: cette association entre le chat et la femme aimée est accentuée en décrivant les qualités olfactives séduisantes.


Le poète surréaliste Paul Eluard a aussi écrit un poème sur cette belle espèce. Son texte, intitule Chat, présente une image d’une côte familière et de l’autre extraordinaire. Certaines caractéristiques de ce chat ne dépassent pas le commun mais il y a une dimension presque surnaturelle dans son regard. Dans la nuit, les yeux du chat transmettent quelque chose d’étonnant et d’étrange. Leur pouvoir est exprimé en utilisant l’hyperbole: „Ils sont trop gros pour qu’il les cache / et trop lourds pour le vent perdu du rêve”. Le motif du rêve est au coeur du surréalisme. La „pâleur” des yeux nous fait penser aux ténèbres, aux mystères. « Quand le chat danse / C’est pour isoler sa prison / et quand il pense / C’est jusqu’aux murs de ses yeux”: Cette danse a une qualité macabre. La dimension contemplative offre de la profondeur au portrait du chat. En fait, le chat est un ancien symbole de la contemplation et on a rencontré cette idée dans les poèmes de Baudelaire aussi. La „prison” et les „murs” dont le poète parle offre un caractère énigmatique à la dernière strophe du poème. Dans ce poème on découvert des éléments communs avec les trois poèmes de Baudelaire: la dualité entre l’image domestique, pleine d’affection et le portrait plus énigmatique du chat, la lumière at aussi l’obscurité, le mystère, la suggestion du motif funèbre, la richesse sensorielle. Ça montre qu’il y a quelques perspectives presque universelles sur cet animal domestique, qui on rencontre dans les oeuvres de plusieurs écrivains.


Dans les écrits de Jacques Prevert on peut trouver un poème intitule Le Chat et l’oiseau. Dans ce texte, l’auteur présente une image du monde provinciale ancré dans le commun, mais aussi avec un element extraordinaire. Cet element sortant de l’ordinaire est représenté par l’histoire du chat et de l’oiseau et par les funérailles. Le fait qu’il y avait un seul chat et un seul oiseau dans le village est un premier element de l’extraordinaire. Peut-être c’est parce que l’histoire a un caractère allégorique et au but de démontrer un principe de vie. Les funérailles de l’oiseau ont aussi une dimension presque fantastique et représentent l’expression de l’émotion et de l’affection pour le petit animal tué par la feline. Ça qui est different dans ce poème est le fait qu’il ne représente pas un portret du chat. En fait, l’image du chat est ignorée. On se concentre sur l’histoire et les qualités de la feline sont sugerées indirectement. Ici, le chat est vu comme une menace pour les êtres plus faibles, mais aussi comme un symbole de la sagesse.


Le poète belgien francophone Maurice Careme a aussi écrit un petit poème sur les chats, un poème intitule Le Chat et le Soleil. Dans ce texte, il y a un jeu entre le chat et le soleil, un jeu centré sur l’acte d’ouvrir et fermer ses yeux: „le chat ouvrit les yeux / le soleil y entra / le chat ferma les yeux / le soleil y resta”. L’auteur introduit un element magique: le soleil reste derrière les paupières du chat et quand le petit animal ouvre ses yeux dans la soirée la lumière cachée brille dans le noir („voila pourquoi le soir / quand le chat se réveille / j’aperçois dans les noirs / deux morceaux de soleil”). Le style ludique et la simplicité donnent du charme à ce petit poème qui présente une perspective nouvelle sur ce très populaire animal domestique. Ici un seul element du chat est décrit, son regard, comme dans le poème de Paul Eluard. Le symbolisme est different, parce que dans ce poème le regard du chat est une expression de la lumière, des forces positives alors que dans le poème d’Eluard il symbolisait les ténèbres, le noir, la pâleur.


Dans le poème Le Java des pussys-cats écrit par Boris Vian, il y a un ludisme très different. Ici le danse des chats sur le toit d’un bâtiment prend des dimensions chaotiques. Une vraie fête dans le style de l’époque jazz se passe dessous les tetes des locataires du quartier. Ici les chats sont personnifiés et ressemblent aux hommes de la société moderne, caractérisée par la vitesse, l’agitation, le bruit, les contrastes. L’innocence du poème de Maurice Careme est remplacé par la folie de la société contemporaine. Les chats ont quelque chose de l’esprit des jeunes rebelles, des adolescents qui découvrent les vices. L’auteur crée un tableau surréaliste qui semble sorti d’un film de dessins animés. Dans ce poème la société du XXe siècle est présente en remplaçant les hommes avec les chats.


Verlaine a aussi écrit un poème sur ces belles felines intitule Femme et Chatte. Le poète décrit le jeu de la femme avec son chat. L’attention est tirée par les griffes du petit animal: „sous ces mitaines de fil noires / ses meurtriers ongles d’agate / Coupants et clairs comme un rasoir”; „sa griffe acérée”. Les griffes symbolisent le danger que le chat représente pour les animaux qu’il chasse. Il y a un contraste entre la délicatesse des pattes et les ongles. Bien qu’ils sont jolis, les chats sont des prédateurs. Toutefois, dans l’espace du boudoir, le chat se trouve dans un espace étranger de cel qui favorise ses instincts naturels. Ici on ne doit pas faire d’effort pour survivre, on est comme un petit enfant qui reçoit la protection et l’affection de sa mere. Le petit chat n’est qu’un être charmant dont sa maitresse prend soin.


On voit que dans la littérature française les chats ont reçu plusieurs significations. Il y a des éléments communs entre les poèmes des auteurs mentiones. Le chat est associé dans plusieurs textes avec les ténèbres, mais aussi la lumière. Il a aussi une force séduisante, symbolise la beauté, la féminité, le mystère, les vices, les plaisirs senzorielles. Le chat est très joli, mais très dangereux pour les expeces qu’il chasse. Il représente l’objet de l’amour, de l’admiration, de la fascination de l’homme. Il est aussi un symbole de l’intelligence, de la pensée, de la contemplation. Les différentes perspectives des auteurs font montre ce petit animal domestique dans plusieurs hypostases. Ça qui reste constante est la grande force d’attraction que cette espèce feline a sur l’imagination poétique.


Le chat a sa place dans l’histoire de la culture, dans l’histoire de la littérature. Même que l’attention des écrivains a toujours été concentré sur les grandes expériences de la vie, l’amour des animaux de compagnie n’est pas un aspect négligeable et a trouvé sa place dans les oeuvres des quelques auteurs importants. Avec leur talle et leur pouvoir d’observation, ces écrivains ont surpris la grande beauté des chats!

Foto: https://www.thesprucepets.com/

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