Le Grand Tour : Autoportrait de l’Europe par ses écrivains

A la veille de la fête de l’Europe, Olivier Guez a accueilli dans la fameuse Salle M de Bozar à Bruxelles le public fasciné de la littérature et de l’Europe dans une belle rencontre pour présenter ainsi un vaste ouvrage anthologique appelé « Le Grand Tour : Autoportrait de l’Europe par ses écrivains ».

“Au dix-huitième siècle, le Grand Tour menait les jeunes aristocrates du nord de l’Europe vers les rivages méditerranéens. Ils allaient parfaire leur éducation et leur connaissance des Humanités. Notre Grand tour, plus modestement, vagabonde dans l’imaginaire européen et invite ses lecteurs aux voyages en montant à bord d’un Trans-Europ-Express utopique – les trains reviennent à la mode, dit-on. Il conte des destins, des villes et des paysages. Il ausculte l’Europe d’aujourd’hui. Il remonte souvent dans le temps, nous sommes un vieux continent. Il présente un panorama inédit de la littérature européenne contemporaine, un autoportrait de l’Europe par ses écrivains, parmi les meilleurs du continent.” O.Guez

Les voix des écrivains européens, la voix des nations unies sous le ciel bleu de la littérature portant une histoire étoilée pour chaque pays, une ode à la création européenne, un chemin plein des questions à se poser parmi les camarades de ce voyage introduit par le son des rails. Le train qui passe des gares, des arrêts, des pays et regarde des visages, des expériences diverses, des histoires tragiques ou comiques, un train qui rassemble 27 wagons, une anthologie qui présente 27 morceaux de l’Europe contemporaine à nous tous, un ouvrage qui confronte des souvenirs, des liens avec un passé commun ou encore à découvrir.

The European path est depuis longue temps un fait réel, les circonstances artistiques et littéraires auraient donné occasion au développement d’un destin commun européen aux nombreux artistes, écrivains, scientifiques, chercheurs, etc. Agata Tuszyńska affirme que chaque destin a un secret, sa vie tourne autour du déguisement du destin, sa maman était élevée au ghetto de Varsovie, sa vie d’écrivain raconte des histoires des destins. Par rapport à son déguisement, Olivier Guez c’est vraiment déguisé en directeur d’anthologie de littérature européenne pendant que Jan Brokken surprend par s’avoir déguisé en voyageur parce que c’est la meilleure façon de voir les choses, d’entendre des histoires, d’avoir la curiosité vers la vie. On parle d’au moins 27 vérités dans Le Grand Tour et surtout de la transformation de l’Europe tenant compte que l’Europe est d’abord le quelque chose des artistes et des écrivains.

Pour Agata Tuszyńska la Varsovie était annulée, Paris avait tout. L’histoire de la Pologne est devenu son histoire avec une maman juive, un père polonais, une ville qui s’est reconstruite sans un plan et alors l’écrivaine trouve que le passé existe plutôt autour de la ville.

Jan Brokken habite à Amsterdam, dans un entrepôt du 18eme siècle, riche en souvenirs, ses murs ont connu l’esclavage, le libéralisme européen, la liberté, la diversité européenne autour de la table. Il est content d’être européen. Son récit de vie raconte une grevé contre le déportage juif de 1942 à Amsterdam pour justement montrer que l’atmosphère de liberté ne peut pas être volée. Il n’y a jamais une bicyclette qui s’arrête pour un feu rouge.

Olivier Guez se met à présenter la Rome ou il a décidé d’aller et affirme même que tout européen devra vivre deux ans à Rome. 1982 est l’année de référence pour lui. « Chacun se débrouille à Rome, la beauté est incroyable car c’est une ville qui a tout vu face à l’histoire. » La cita aeterna, Rome, a toujours été là et donne la sensation d’être au sud, la sidération d’être européen.

Les rôles s’interposent dans le discours comme si les masques tragi-comiques s’intercalent sur la scène. Pourtant, le décor crépusculaire et les boissons cent pourcent belges européennes ont eu un effet rafraichissant : de la bière dans les plus authentiques et divers verres, du vin, de l’eau pour montrer exactement la richesse et l’unité de cette diversité. Quatre canapés et leurs invités face à l’Europe, face à nos consciences témoignes du discours littéraire.

Agata Tuszyńska, en jouant avec les mots:  « I come from Poland, not Holland and I do not speak Russian », elle dit qu’elle est de Varsovie, mais pas d’Europe. Un potpourri de ce qui nous sommes se trouve entre chaque un de nous et à vrai dire cet évènement littéraire a des nombreuses nuances et richesses culturelles et remet en question la vision de l’identité européenne.

Justement pour répondre à cette question, Olivier Guez déclare qu’il vienne de la planète Europe, lui-même européen, français d’Europe. Jan Brokken raconte des souvenirs d’enfance en Afrique et nous présente l’image de l’européen étranger. Les enfants voulaient contrôler que sa peau n’était pas du plastic. « Je me sentais étranger quand j’étais en Chine. Cette livre, Le Grand Tour, montre comment l’Europe est diverse, une richesse pour notre culture, je suis content d’être né dans cette Europe de diversité, et ça me plaît vraiment, c’est un désir d’Europe. »

En arrivant à la problématique contemporaine, Olivier Guez confessait que les ukrainiens nous ont donné l’esprit du courage, que rien n’est gratuit, on revient à la liberté. Pour lui, les écrivains sont les gardiens du vocabulaire et la liberté est un défi de tous les jours. „A quelle vitesse apprenons-nous de vivre pendant la guerre ?”, nous interroge le poème sur la guerre par Agata Tuszyńska. Pour elle, la culture c’est le dialogue, c’est communiquer ensemble l’idée de l’Europe, avoir la possibilité de parler ensemble et échanger les idées.

Les vérités diverses, une Europe des artistes depuis longtemps avant l’union, un hôtel pour les artistes, une influence mutuelle, Renoir, les peintres de Bruxelles, de Norvège, Marcel Proust, sont pour Jan Brokken la définition de l’universalité européenne. « Mademoiselle Wilhelmina” par Proust. La littérature a toujours été internationale, les français adorent parler de la culture européenne. Milan Kundera disait que le plus spécifique de la culture européenne c’est sa diversité. »

L’intégration européenne faite à travers la culture par l’expérience de ces 27 écrivains réunis nous parle. La mobilité des idées et les auteurs réunis dans l’ouvrage sont des passeurs au niveau continental, au niveau culturel commun. Le Grand Tour : Autoportrait de l’Europe par ses écrivains est un projet de la Présidence Française de l’Union sous la coordination d’Olivier Guez et reunit les ecrivains : Daniel Kehlmann (Allemagne), Eva Menasse (Autriche), Lize Spitz (Belgique), Kapka Kassabova (Bulgarie), Stavros Christodoulou (Chypre), Olja Savicevic (Croatie), Jens Christian Grondahl (Danemark), Fernando Aramburu (Espagne), Tiit Aleksjev (Estonie), Sofi Oksanen (Finlande), Maylis de Kerangal (France), Ersi Sotiropoulos (Grèce), Laszlo Krasznahorkai (Hongrie), Colm Toibin (Irlande), Rosella Postorino (Italie), Janis Jonevs (Lettonie), Tomas Venclova (Lituanie), Jean Portante (Luxembourg), Imannuel Mifsud (Malte), Jan Brokken (Pays-Bas), Agata Tuczynska (Pologne), Lidia Jorge (Portugal), Norman Manea (Roumanie), Michal Hvorecky (Slovaquie), Brina Svit (Slovénie), Björn Larsson (Suède), et Katerina Tuckova (République tchèque).

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